"La vie de David Beckham est un roman. A 32 ans, le joueur anglais le plus glamour et populaire de l'histoire a même déjà vécu plusieurs vies. Sa starisation à Manchester United, son mariage avec une Spice Girl, sa deuxième place au Ballon d'Or en 1999, son transfert au Real Madrid, ses aventures extra-conjugales affichées dans les tabloïds, ses changements de look incessants, sa mise au ban de la sélection et enfin son dernier contrat très juteux signé au L.A. Galaxy sont des pépites en or. Dernier avatar en date, son incroyable et irrésistible résurrection tant au Real qu'en sélection au bout d'une saison - au départ maudite - qu'il ne risque pas d'oublier. Après une Coupe du monde décevante l'été dernier et l'annonce de son transfert pour le club californien en janvier (37 millions d'euros annuels pendant cinq ans), le sélectionneur anglais Steve McClaren et Fabio Capello l'ont gentiment placardisé. « David ne jouera plus jamais pour le Real Madrid, avait juré l'entraîneur italien. Il est impossible de conserver le même enthousiasme quand on a la tête ailleurs», avait-il dit. Banni, Beckham a encaissé et n'a rien dit. Lui qui n'aime pas les conflits a ravalé son orgueil, gardé un comportement exemplaire et cravaché à l'entraînement en attendant une hypothétique levée de la pénitence. Plus d'un mois plus tard, Capello a redonné sa chance au Spice Boy sous la pression du vestiaire et de la direction. Bingo ! Beckham a saisi la balle au bond et retourné tout son monde. Auteur de prestations ébouriffantes, il a également mis les supporters à ses pieds.
Physiquement au top et mentalement requinqué, il était même devenu au fil des matches le meilleur joueur du Real. Fin mai contre La Corogne (3-1), le Stade Santiago Bernabeu a assisté à un festival de l'Anglais. La presse ibérique n'en revient alors pas et les Unes sont aussitôt dithyrambiques : « Beckham, Beckham, Beckham ». Même l'intransigeant Fabio Capello se repent. « David m'a donné tort. Il joue comme jamais », prétend-il. « Il est dans une condition physique extraordinaire. Il est bien dans sa tête et très optimiste. Ses centres sont précis et rapides. Il est fantastique. Il produit actuellement le meilleur football de toute sa carrière. » Cette force de caractère détonne. Beaucoup le croyaient perdu, déjà en pré-retraite et la tête (dans les étoiles) à Hollywood. « On ne peut pas parler de métamorphose, prévient Xavier Rivoire, journaliste à France Football et auteur d'un livre-enquête sur le joueur*. Cette saison, il n'y a pas deux Beckham. S'il revient au premier plan, c'est juste une question de motivation supplémentaire. Il s'est rendu compte que c'était pour lui sa dernière chance de remporter un titre avec le Real Madrid. Il n'a jamais rien gagné avec le Real si ce n'est une Supercoupe d'Espagne et là, il a une occasion de partir en beauté. Il y tient."
Devant un tel retour en grâce, le sélectionneur anglais Steve McClaren a lui aussi dû capituler. Le retour de Beckham en sélection alors qu'il n'avait plus été appelé depuis l'été allemand, devenait inéluctable, d'autant que l'Angleterre patine dans la phase de qualifications à l'Euro 2008. « Il a été mis à l'écart et il a porté le chapeau pour tout le monde», ajoute Xavier Rivoire. Pas rancunier pour un sou, Beckham a accepté de relever le défi. Après le match amical contre le Brésil pour le retour à Wembley (1-1, une passe décisive), la presse s'est affolée. « L'avenir est à Becks » (The Daily Mirror), « Une rentrée fracassante » (The Daily Express) ou « Mieux qu'à Hollywood », ajoutait même The Guardian. Quatre jours plus tard en Estonie (3-0), les Anglais ont sauvé la tête de McClaren avec un Beckham redevenu incontournable... Alexis Lalas, le manager du L.A. Galaxy, a hâte d'accueillir le Spice Boy même s'il compte bien limité les aller-retours du joueur en Europe. Son équipe, avant-dernière de la conférence ouest (5e sur 6), a bien besoin d'un joueur capable de délivrer sur commande quelques caviars. Avec Beckham, les attaquants californiens devraient être servis." L'EQUIPE